Page 94 - Violeurs d'Ame - Evelyne Vignal
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Violeurs d'Ame


          pneumonie. Il ordonne le lit, le repos, bien entendu beaucoup
          de calme et un traitement efficace.
          Sans retenue, Florentin se réjouira de savoir  Sally alitée. Ni
          Renaud, ni Joséphé n'apprécieront le comportement de  ce
          dernier, pourtant ils  se  tairont. Elle, en attendant d'être seule
          avec lui dans la voiture... Renaud ?...
          Sur la route qui les conduit au domicile de Joséphé,
          l'atmosphère est tendue. Elle sait  que le dialogue va être
          virulent et cherche ses  mots. Courageuse, elle affronte
          Florentin :
          -  Je crois que tu devrais t'arrêter de les  ennuyer un peu,  les
          pauvres, tu ne leur facilites pas la vie ! Regarde Sally, elle va
          craquer et j'ai trouvé que Renaud  avait mauvaise mine. Ne
          crains-tu pas qu'il fasse des bêtises ? Tu prétends l'aimer et tu
          n'as de cesse de lui empoisonner l'existence. Je te  connais,
          Florentin, tu es un type bien ! Qu'est-ce qui te prend de jouer
          les sales individus ? Réponds-moi, nous sommes amis, je peux
          peut-être t'aider !
          Il se tait, attentionné à sa conduite.
          Joséphé l'épie du coin de l'oeil. Nerveuse.
          -J'ai honte parfois, tu sais, d'être ton amie... d'enfance, en plus,
          ça remonte  loin... Jamais je ne t'ai vu aussi possessif, aussi
          destructeur, aussi...
          Florentin,  les mâchoires crispées, devient méchant, et freine
          brusquement :
          - C'est la dernière fois que tu te mets en travers de mon chemin.
          Renaud et moi, c'est pour la vie, tu vas te mettre ça dans la tête,
          idiote ! Descends, sinon...
          - Florentin !? Tu me menaces ? Tu es fou ?
          -  L'autre garce n'aura jamais la paix, jusqu'à ce qu'elle
          disparaisse de notre vie...
          - Votre vie à qui ? demande-t-elle horrifiée.
          - A Renaud, à moi... Elle va s'en aller, je te l'assure !
          - Renaud a besoin d'elle ! Il l'aime, ne veux-tu pas te faire à
          cette idée ? Il l'aime !
          - TAIS-TOI ! Entends-tu, TAIS-TOI !
          - Si jamais tu fais du mal à ces deux-là, à NOS AMIS, je te
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