Page 96 - Violeurs d'Ame - Evelyne Vignal
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Violeurs d'Ame
- Non, non bien sûr ! Et moi, je n'avais pas à être dans ces états,
elle n'aurait pas eu à venir chez moi !
- Je te jure de tuer l'assassin !
- Le dossier est refermé... -Ah bon !!
Le ton qu'il prend, à ce moment là, l'ébranlé, mais pas autant
que les larmes qu'il essuie avec son mouchoir.
Quand ils repartent tous les trois à Saint-Germain, le pauvre
Florentin est encore bouleversé. Sally rassurée au sujet de ses
doutes, mais douloureusement peinée d'avoir perdu Joséphé,
unique rayon de soleil dans cette grisaille amicale. Dieu qu'elle
a mal !
* * *
Exister, après la mort, n'est pas aisé quand les courants
contraires déportent votre vie loin des longs fleuves tranquilles.
Sally, dans ses rêves "gominés", avait imaginé vivre un
bonheur standardisé ou mieux encore un conte de fée mais
jamais elle n'avait offensé les dieux pour mériter le joug d'un
vilain destin.
Encore et encore... le sort la dévore.
Au plus mal depuis les obsèques, après une rechute, elle ne
quitte plus la chambre. Angeline est revenue prendre son
service, à la requête de Renaud auprès de sa mère, jusqu'à ce
qu'elle puisse à nouveau se lever.
Sa toux s'intensifie et se prolonge de sifflements rauques et
déchirants. Elle est épuisée...
Alors que Florentin réside toujours dans leur maison. Elle n'a
plus la force de lutter contre lui. Quant à Renaud, il passe son
temps à contrecarrer les manoeuvres de son ami. Il s'essouffle
devant l'insistance de Florentin à l'entraîner le soir, loin de chez
lui, "pour changer d'air" comme il dit. Parfois, il cède sous la
pression, en d'autres moments, il tient bon.
Ce sont les soirs où, esseulés, dans leur intimité, ils s'étreignent
pour se donner la force de défendre leur identité et converser
sur leur impudent invité.
Pour être agréable, Florentin l'est ! Il devance leurs désirs,
entretient la conversation, emmène Renaud manger au
restaurant. Sally étant clouée dans son lit, il en profite pour
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