Page 100 - Violeurs d'Ame - Evelyne Vignal
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Violeurs d'Ame


          ombres de la  mémoire, attendent dans l'entrée leur prochain
          départ. Florentin s'en va !
          Pourquoi Renaud tarde tant ! Elle savait que les  deux amis
          avaient choisi de s'expliquer dans un coin isolé.
          La nuit  blanche n'aura servi à rien. Quand Renaud rentrât,  il
          était accompagné de Florentin... Encore une fois, dans la
          chambre d'amis. Rien ne sera dit.
          Aube difficile  ! La maison n'est  plus que  le théâtre d'une
          tragédie jouée sans acteur mais avec un metteur en scène.
          Sally feuillette une revue dans l'attente qu'Angeline apporte le
          plateau. Ce qui ne tarde pas.
          - Voilà chère dame, votre petit déjeuner !
          - Florentin ? Que fais-tu ici ? Et Angeline ?
          - Je lui ai demandé de me faire une commission.
          - Avant de prendre tes affaires et disparaître de ma maison ?
          Au-dessus d'elle, soudain très voûté, Florentin la dévisage
          intensément. Ses yeux suivent la courbe de ses seins, dessinée
          en contre-jour sous  le tissu léger.  Sally remonte vivement le
          drap et le prie de sortir.
          -  Je te trouve très belle !! dit-il d'une voix  chevrotante et
          cassée, le geste incertain.
          Il avance sa main pour la poser délicatement dans la chevelure
          de la jeune femme. Paralysée, elle ne bouge pas...
          Les doigts poursuivent leur progression en caressant le haut de
          l'épaule. Plus impatients, ils dégrafent le premier bouton de la
          nuisette. D'un geste brusque, Sally repousse l'insolent. Muette.
          Imperturbable, avec le même calme glacial, sa main reprend sa
          place. Sally frissonne... Enfin, un hurlement sort de sa gorge.
          Violemment, il  arrache le drap. Avec une avidité féroce, il
          admire les jambes dévoilées sous la chemise retroussée.  De
          plus en plus affolée, avec l'effroi d'être violée, Sally crie... d'un
          cri strident qui le rend méchant. Il la gifle :
          - Je t'aurai ma Douce ! Je suis patient, mais je t'aurai ! Tu es à
          Renaud, donc tu es à moi, aussi tu ne m'échapperas pas ! Sinon
          Je te tuerai comme j'ai tué Joséphé !
          Ils entendent marcher en bas. D'une poigne puissante, il  la
          plaque sur l'oreiller :
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