Page 106 - Violeurs d'Ame - Evelyne Vignal
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Violeurs d'Ame
sans doute, la responsabilité de l'échec de ce mariage. Une
éducation trop laxiste... "Nous n'avions plus l'âge d'être de bons
parents !", s'excuse-t-il.
- Pourriez-vous me dire si la jalousie de Florentin le conduirait
à tuer quelqu'un ?
- Je connais ce jeune homme depuis qu'il est tout petit...
Parfois, il m'a surpris dans ses brusqueries, ses colères aussi
étaient terribles, mais de là à enlever la vie, je ne le crois pas...
Encore moins, si c'est une amie... Joséphé a grandi en sa
compagnie. Ils s'aimaient bien. Non, vraiment Tom, je le crois
incapable d'un tel acte. Dieu m'est témoin que je ne vous cache
rien.
Alfred souhaita être présent lors de l'entretien entre Tom et
Florentin.
Celui-ci, provocateur, sera cynique, blasphémateur. Il
qualifiera Sally d'hystérique, de jalouse et de mythomane.
Alfred stoppera, de justesse, le poing de Tom.
Par la suite, alors que les questions se feront pressantes sur son
emploi du temps, ses menaces, ses aveux, il deviendra
pleurnichard, amadouant les deux hommes par des complaintes
rusées, mêlées à des promesses et des excuses bien choisies.
Jurant sur l'honneur n'avoir voulu qu'effrayer Sally.
Tom comprendra les vomissements de sa fille. Lui-même, la
bile au bord des lèvres, il se sentit mal en le voyant partir.
Tous ces rendez-vous, étalés dans la journée, commencent à
épuiser son flegme anglais. D'autant plus, qu'à présent, il attend
son gendre, dans le bar, juste en face de la banque.
- Que veux-tu boire ?
- Un whisky. La commande avait été irréfléchie, tant pis...
- Tiens, tu recommences à boire ?
- Je suis nerveux ces jours-ci... Vous allez bien, demande
Renaud par convenance.
- Non, Renaud, je vais très mal parce que ma fille va très mal !
Je suis furieusement malheureux parce que mon enfant souffre
! Je suis un homme en colère parce que j ' ai donné mon bébé à
un crétin, faible et ivrogne !
- Je vois ! Vous avez raison !
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