Page 111 - Violeurs d'Ame - Evelyne Vignal
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Violeurs d'Ame
pourtant, après ton cinéma, je m'incline "Je te raccompagne, tu
as trop bu" !!
- La question te dérange... Réponds-moi, pourquoi as-tu tué
notre amie Joséphé ?
- Viens, sortons prendre l'air !
Péniblement, Renaud se soulève du siège. Soutenu par
Florentin, guère plus solide sur ses jambes.
Le vent froid ranime les esprits. Renaud respire bruyamment.
- Rentrons dans ce café, tu vas m'expliquer.
Quand Florentin s'arrête de parler. Renaud, dessoûlé, est atterré
:
- C'est par amour pour moi que tu as commis ce meurtre ?...
Que tu détruis mon existence ?
- Je ne me résigne pas à te perdre, Renaud !
Encore lâche, Renaud regrette de n'être pas sourd et boit pour
oublier ce qu'il vient d'entendre.
Des amis pénètrent dans le bar, assez éméchés pour être
goguenards :
- Alors tu l'as retrouvé ton vieux pote ! Puis à Renaud :
- Si tu savais comme il nous rase depuis ton mariage. Il
pleurniche sur tout... ton oubli, ta femme, ton ingratitude... Un
dingue, quoi ! Ca y est, il a réussi à te faire divorcer ?
- Pierre, ferme ta gueule ! Je suis saoul et j'ai envie de cogner
sur quelqu'un, alors vaut mieux que tu t'en ailles !
Dehors, ils marchent depuis un certain temps... Temps incertain
dans le frileux brouillard d'une nuit "matinale". Ils relèvent leur
col de blouson, longent les bords de la berge et s'enfoncent
dans leur dérive. Florentin titube, tantôt contre Renaud, tantôt
près du bord de l'eau, gémissant d'une voix rauque. Renaud,
plus teigneux, le repousse en l'injuriant.
Soudain, il s'éloigne pour uriner. De loin, il perçoit les
marmonnements de son ami... Puis, plus rien. Juste le bruit
sourd d'une eau coléreuse, chavirée par une masse indésirée.
Comme un fou, Renaud se précipite et appelle son ami. Il court
dans tous les sens, crie, implore... Personne, pas l'ombre d'un
clochard, ni même d'un chat pour lui dire qu'il ne rêve pas. Le
silence absolu... Quand, tout à coup, il comprend que Florentin
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