Page 124 - Violeurs d'Ame - Evelyne Vignal
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Violeurs d'Ame


          volontairement.
          (Papa ?... Mon Papa chéri !)
          - Egoïste ! se fâche-t-il, veux-tu que je te décrive le spectacle
          qui s'offre à moi depuis des jours et des jours ? Mon enfant,
          pâle comme la mort, des médecins, des amis, qui voient en moi
          un futur cinglé. Sans t'imaginer un seul instant que cet état de
          choses commence réellement à m'atteindre ! Fou de douleur,
          fou de colère, fou de
          toi... Je deviens fou ! Pas une minute sans prier, sans que mes
          pensées ne t'appartiennent, sans oser t'avouer qu'à ta mort je ne
          survivrai.
          Il se tait, espérant un miracle.
          - Bon, tu ne te décides pas à me répondre, eh bien, j'arrête, je
          repars  en  Angleterre  et ne reviendrai que  lorsque tu auras
          trouvé une solution à tes problèmes.
          (Tu ne vas pas me laisser seule ! Pa... !)
          Il est parti.
          Le médecin alerté par l'infirmière l'entraîne dans son bureau :
          - Puis-je savoir si c'est une nouvelle tactique ?, sourit le toubib.
          - Je suis persuadé que Sally ne supportera pas d'être totalement
          coupée du  monde. Apparemment, je semble être la  seule
          personne réceptive à ses appels, donc je m'éloigne d'elle. Mais
          on ne sait jamais, si... en bref, je ne veux plus qu'elle ait de
          visites. Est-ce clair ?
          * * *
          Deux nouveaux jours s'écoulent ainsi, sans que la chambre 102
          ne reçoive âme qui vive. Tout juste les infirmières, silencieuses
          et distraites. La radio, inlassablement, comble le vide.
          Cette nuit  ne ressemble à aucune autre. L'élève-infirmière
          prend son quartier pour la première fois dans ce service. Les
          consignes sont vagues en ce qui concerne la chambre 102.
          Une chanson sirupeuse passe sur les ondes. Elle adore le hard-
          rock et cette musique l'ennuie. Excédée, elle éteint le poste,
          organise son travail et s'en va.
          (Mais, mademoiselle ! Rallumez la radio !)
          Il n'y a plus personne dans la pièce. Le silence est total... Plus
          la moindre présence, le  moindre souffle. Dehors, la pluie a
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