Page 125 - Violeurs d'Ame - Evelyne Vignal
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Violeurs d'Ame


          cessé de tomber, la rue n'existe plus, pas un klaxon, pas une
          roue ne crisse... L'atmosphère a la moiteur de ces villages
          méridionaux, l'Eté à quinze heures, désert et étouffant. En
          désespoir de cause, Sally se raccroche à  la vie de l'hôpital.
          Dans le couloir,  les chuchotements coutumiers,  le frottement
          des souliers, et plus loin, dans la salle des infirmiers, rien n'est
          plus routinier. Comme si le monde avait chaviré dans l'au-
          delà... Ou bien est-ce elle qui est morte... Morte de peur, elle
          hurle :
          - PAPA ! PAPA ! AU SECOURS !
          L'aide soignante de garde entre et la maîtrise. Sally n'a de cesse
          de réclamer la présence de son père.
          - Alors Madame Palandin, vous avez enfin décidé de revenir
          parmi nous ? plaisante le médecin, satisfait.
          - Je ne comprends pas ce que vous voulez dire. Qui êtes-vous ?
          Où est mon père ?
          - Vous le saurez assez tôt. Qui a éteint la radio ? s'étonne-t-il.
          - Excusez-moi docteur, j'ai dû le faire sans me rendre compte...
          -  Vous avez pratiqué la meilleure thérapie dont cette jeune
          dame avait besoin. Monsieur Way vous en sera reconnaissant
          toute sa vie !
          Puis, il se tourne vers Sally :
          -  Vous êtes depuis plus d'un  mois dans ce service après être
          tombée dans le coma. Je ne  vous rappellerai pas  les
          circonstances de cette chute, vos souvenirs  reviendront bien
          assez tôt... Mais ce que je tiens à vous dire, c'est que votre père
          est un homme merveilleux, qui est resté à vos côtés durant tout
          ce temps sans jamais douter de votre guérison. Il serait heureux
          de vous regarder, en ce moment, froncer vos sourcils.
          Sally, secouée par un réveil aussi brutal, a du mal à suivre la
          voix monocorde du médecin.
          - Si je puis me permettre de vous donner un conseil, Madame
          Palandin, vous devriez  appeler votre père. Avec prudence !
          Ménagez-le, il est aussi fatigué que vous !
          Il lui passe le combiné et disparaît, accompagné de son
          personnel.
          - Allo ! Tom Way à l'appareil !
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