Page 147 - Violeurs d'Ame - Evelyne Vignal
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Violeurs d'Ame


          - Qu'est-ce qui se passe ?
          - La petite est guérie... comme je l'avais dit ! lui lance son mari.
          Ninon pose sa main sur le bras de Sally :
          - La prochaine fois, suis ses conseils ça t'évitera bien des tracas
          inutiles !... Sois heureuse, mon enfant, à présent que Dieu t'a
          bénie !
          Elle n'avait jamais entendu Ninon parler sur ce ton. Celui d'une
          Dame ! Guère encline, non plus,  à des démonstrations de
          sympathie, Sally est touchée par ses paroles.
          - Bon les gars, si on fêtait l'événement ?
          Cette phrase lancée négligemment, glace le sang de Sally. Une
          foule d'images et de mots se bousculent dans son esprit. Elle
          n'a pas le temps d'ouvrir la bouche que Garibaldi dit :
          - Vous le ferez sans nous, les amis, j'enlève notre convalescente
          ! Rapidement, ils sont dehors. Sally respire mieux.
          Ils ne marchent pas longtemps...
          Devant son immeuble, il la prévient des étages à monter. Trop
          heureuse qu'il lui ouvre enfin les portes de son univers, elle les
          monte allègrement.
          - Que c'est beau ! s'exclame-t-elle, dès qu'elle pénètre dans le
          grenier. Toutes ces toiles sont de toi ?
          -  Ton enthousiasme me touche profondément... Oui, je
          revendique la paternité de toutes ces peintures. Elles te plaisent
          ?
          -  Me plaire  ? Garibaldi  ! Elles sont  extraordinairement
          magnifiques !
          -  Eh bien ! J'ignorais  que je me promenais depuis des  jours
          avec une fan !
          Elle fait le tour des deux pièces en admirant chacune d'entre
          elles. Le  fondu des couleurs harmonisées en touches
          lumineuses, enfante l'imagination carnavalesque du Maître.
          Tout n'est  que fête et folie. Tableaux de cache-cache au
          paroxysme de la démence. Sally est fascinée :
          - Es-tu déjà allé à Rio, à Venise... ?
          -  Jamais !  Mais avais-je besoin de partir au-delà de mon
          inspiration ? La noirceur de ma vie n'est pas celle de mon
          coeur, il me suffit d'être devant une toile vierge pour être moi-
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