Page 150 - Violeurs d'Ame - Evelyne Vignal
P. 150
Violeurs d'Ame
Il va y croire. Ils vont exister.
Déesse, il l'honorera la nuit durant. Tantôt ce sera elle, tantôt se
sera lui. Des baisers fous aux ardentes caresses, aux regards
éperdus jusqu'aux gestes les plus tendres, ils n'auront de cesse
de puiser dans l'ivresse de leurs voluptés. Comme sur une toile
pucelle, Garibaldi partira va-en-guerre, à la recherche de la
perfection des illusions de son modèle, qui, lui, n'alanguira sa
pose que pour mieux savourer le pouvoir chevaleresque du
Maître.
Repus et épuisés, le matin les trouve enchantés. Le
tambourinement à la porte oblige Garibaldi à sortir du lit.
- Ben, qu'est-ce que tu fous !, s'affole Valère, t'es malade ? T'en
as une tête ! T'as pris ta température, au moins ? On s'inquiète,
nous.
Soudain, il se tait. Dans l'encoignure de la porte, il aperçoit
Sally, drapée dans une couverture.
- Princesse ! Enfin, il a réussi à te mettre dans son lit ? Il en
avait une de ces trouilles ! Oh ! Il n'en avait rien dit, mais
Valère... Il voit tout !
Sally s'esclaffe, Garibaldi rouspète. Avant de repartir, Valère
lance :
- Au fait, ton neveu Florentin te cherche partout.
En entendant ce nom, Sally frissonne. Garibaldi la prend par
les épaules. Présent...
La récurrence des souvenirs à peine effacés nuit au sommeil de
Sally. Pour oublier ses fantômes, elle s'efforce de revivre les
dernières heures passées en compagnie de Garibaldi... si
seulement la phrase de Valère : "Florentin te cherche" ne
l'obsédait pas !
Qui est ce neveu ? Pourquoi vient-il maintenant, alors qu'elle
est heureuse ? Comme tant d'autres fois, au temps des années
passées, celles du bonheur inachevé d'un mariage contrarié,
SON Florentin aussi surgissait quand le frôlement du bien-être
détournait leur détresse, dans l'espoir de déposer les armes. Il
démontait leurs chimères avant même qu'ils n'aient eu la
possibilité de vivre un peu.
La veille au matin, c'était au tour DU Florentin de Garibaldi de
147

