Page 146 - Violeurs d'Ame - Evelyne Vignal
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Violeurs d'Ame


          visite. Ils ont, autant que possible, soigné leur allure et rangé la
          maison. Les mots de Valère, attaquant de front le père de Sally,
          sans attendre de réflexions, font bon effet à un Tom récalcitrant
          :
          - Certes, Monsieur, dit-il d'un ton dégagé, nous ne donnons pas
          dans la dentelle ni dans les froufrous, mais, sachez que votre
          fille nous a choisis et que notre amitié, à son égard, ne mérite
          aucun scepticisme, ni  quelconque reproche.  Je me présente
          Valère, mon épouse Ninon et voici Garibaldi, qui, dois-je vous
          le dire en apparté, compte beaucoup pour votre fille !
          - Ainsi c'est vous GARIBALDI !
          - Que dois-je comprendre ?
          - Que ma fille vous estime beaucoup.
          -  Trop à votre gré. Mon âge, mes conditions de vie, mon
          allure... Vous allez aussi me dire qu'elle a déjà suffisamment
          souffert que...
          - Non, Garibaldi. Papa veut simplement dire qu'il est d'accord
          avec moi, tu es un être merveilleux.
          Tous se retournent, Sally a repris des couleurs...
          * * *
          Résiliant son contrat avec la mort, le diagnostic du médecin est
          formel : maladie psychosomatique. Elle disparaîtra en même
          temps que les jours heureux reviendront. Lui aussi, conseillera
          à la jeune femme d'écouter...
          Elle sort radieuse du cabinet médical. Vite, elle hèle un taxi,
          direction le Jardin des Artistes. Garibaldi n'y est pas. Elle fonce
          chez le "Farfelu". Elle l'aperçoit de dos, il est en grande
          conversation avec Valère et d'autres artistes. Elle entre et crie :
          - Je suis guérie, je suis guérie... Elle sanglote... Je suis guérie !
          Le peintre la serre puissamment contre lui. Emu, il murmure :
          - Ma chérie, ma chérie !!
          Un long silence plombe le bar. Le cafetier, une assiette chaude
          dans la main, reste planté au milieu de la salle. Valère bouge
          une chaise  pour cacher son émotion. Les  autres... tous les
          autres, muets, graves, sourient.
          Ninon n'était pas là. Elle ouvre la porte en bougonnant après la
          pluie :
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