Page 148 - Violeurs d'Ame - Evelyne Vignal
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Violeurs d'Ame
même, un vagabond de l'esprit, un détrousseur d'idées, un
navigateur lunaire... Viens, je vais te montrer ma dernière
oeuvre...
Il passe dans l'autre pièce, l'antre intime de Garibaldi. Sa
chambre. Hésitante, Sally ne s'avance qu'avec prudence jusqu'à
ce qu'elle lève la tête. Sur le mur d'en face, posée sur la
cheminée de marbre, une gigantesque toile d'elle, peinte par le
Maître, trône.
- C'est moi ? Je vais encore pleurer, s'excuse-t-elle en
s'effondrant sur l'épaule de Garibaldi. Lui, ne bouge pas...
Présent. Infiniment présent... Puis, il va lui dire les mots tant
attendus :
- J'ignorais le résultat de tes analyses, mais je savais
qu'aujourd'hui je te dirais que je t'aime, lui dit-il la gorge
nouée.
- Tu sais que cet amour est partagé ?
- D'abord, il faut que tu m'écoutes... Je suis beaucoup plus âgé
que toi...
Sally se bouche les oreilles et crie :
- TAIS-TOI ! Plus calmement :
- Je t'en supplie, ne rajoute rien. Nous n'avons rien à nous dire,
nous devons vivre, c'est tout...
Il fait une moue, exagérément soucieuse pour finir par sourire.
Délicatement, il prend sa tête entre ses grandes mains d'artiste
et dépose un baiser sur sa bouche. Elle s'agrippe à lui.
L'étreinte sera longue et passionnée. Garibaldi, le premier,
reprendra une contenance décente, bien qu'ébranlée et lui
proposera d'aller se promener. Déçue, Sally acceptera de
mauvaise grâce. Elle espérait finir la journée dans son lit.
Coquine et libre...
Le feu attisé par les brûlants baisers de Garibaldi dévore Sally,
avide de tendresse charnelle.
Cet après-midi d'hiver printanier surprend les promeneurs. Une
chaleur, douce et caressante, le ciel bleu azuré, la floraison des
genêts les rendent généreux. Sally pose pour Garibaldi.
Rester ainsi sans bouger lui permet, à loisir, d'admirer son
nouvel amour. Des idées polissonnes lui traversent l'esprit :
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