Page 151 - Violeurs d'Ame - Evelyne Vignal
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Violeurs d'Ame


          survenir à  l'improviste. Toute la  journée,  elle n'avait pu
          détacher son attention des alentours. Il devait venir au Jardin
          des Artistes, elle l'attendait. Il ne vint pas.
          Ces contrariétés déclenchèrent son  mal être, elle toussa  trop
          pour rester à traîner dans les parages. Garibaldi, trop occupé,
          ne put la reconduire chez elle. Un taxi l'emmena.
          Il est trois heures du matin. La sonnerie du téléphone la
          terrorise. C'est Garibaldi.  À  une heure aussi tardive ? Il veut
          juste lui dire son amour, son bonheur, sa présence... D'une voix
          légère, trop légère...
          Elle ne s'endormira plus et se dépêchera d'aller le rejoindre le
          lendemain.
          Il est occupé à crayonner au fusain, le minois d'un bambin.
          Attentionné, son regard passe de l'enfant à l'esquisse. Sa barbe
          hirsute des mauvais jours contrarie Sally, qui l'observe de loin.
          Valère s'approche d'elle, Ninon, suit. Ensemble ils attendent
          que le Maître termine son dessin.
          Il a l'air heureux quand il se redresse pour venir l'embrasser.
          - Puis-je connaître les raisons d'un visage aussi radieux ?
          - Parce qu'il a passé la nuit à faire la foire ! rétorque Valère.
          Elle pâlît... Des mots, des images... !
          - Comment cela ?
          Garibaldi n'a pas entendu l'échange des deux amis. Il continue
          d'entretenir  sa mystérieuse attitude. Dans le désarroi le plus
          total, elle s'affole. Une quinte de toux lui déchire l'estomac, elle
          court dans les toilettes. Garibaldi, redescendu de son nuage, la
          suit. Après son malaise, il l'attire dans ses bras.
          Amoureusement, il la prend par la taille, la serre fort. De ses
          yeux brillants, il lui dit :
          - J'ai pris une grande décision... Je vais être maladroit, mais...
          - Tu veux m'é...
          - Ca va petite ? panique Ninon. Trop habituée aux crises de la
          jeune femme.
          - Oui. Merci...
          Elle reste vague dans l'espoir que Ninon s'en  aille, afin de
          poursuivre sa conversation avec Garibaldi. Mais elle reste là.
          Garibaldi soulève les épaules et propose de boire un coup.
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