Page 155 - Violeurs d'Ame - Evelyne Vignal
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Violeurs d'Ame


          comme tel... D'ailleurs, ce n'est pas la première fois qu'il vient
          ici. Déjà adolescent, il venait se débaucher ici lorsqu'il fuguait.
          Ah ! Cette phrase dite par Renaud, un soir dans leur maison,
          alors qu'ils parlaient avec leurs amis suisses ! Ainsi c'est bien
          lui ! Garibaldi continue :
          - Accorde-moi ta confiance, ma Sally !
          - Sally ? Sally !
          - Je pars à Londres avec mes parents !
          - Quand ?, s'affole-t-il.
          - Demain matin. Je prends le train...
          - Et moi ? Sally ? Et nous ?
          - Je ne sais pas...
          Lentement elle raccroche. Les  mêmes détresses qu'avec
          Renaud... Les mêmes cris...
          * * *
          Fardée pour cacher les méfaits d'une nuit agitée, Sally s'apprête
          à rejoindre  ses parents qui l'attendent à la gare Saint-Lazare.
          Elle avait espéré que Garibaldi l'appellerait, mais elle referme
          la porte sans avoir eu de ses nouvelles.
          Fatiguée d'une vie  lourde d'incertitudes, elle a perdu ses
          espérances. Blessée dans ses amours, humiliée dans ses
          amitiés, elle décide, encore une fois, de se réfugier dans l'oubli.
          Le brouhaha du hall de la gare l'indispose et les  odeurs
          poussiéreuses lui soulèvent le coeur. Elle cherche ses parents.
          Familière, la silhouette de sa mère se dessine au  loin,  elle
          presse le pas.
          La tendresse retrouvée  de Diane,  la solide présence de Tom
          sont, pour elle, l'essentiel de sa prochaine existence. Garibaldi
          ne sera pas l'homme de son futur, elle est fermement décidée à
          renoncer à ce beau roman d'amour. Dieu m'aidera seulement si
          je m'aide moi-même ! pense-t-elle, fataliste.
          Assis tous  les trois,  ils attendent le départ. D'une faconde
          intarissable, leur voisine conte ses péripéties,  dans le métro,
          dans le bus... pour en arriver enfin jusqu'à s'asseoir dans ce
          "fichu train". De voir ses parents, polis, compatissants, à la
          limite de l'indifférence, Sally pouffe de rire. Obligée de s'en
          aller pour ne pas paraître impertinente et surtout pour éviter la
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