Page 161 - Violeurs d'Ame - Evelyne Vignal
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Violeurs d'Ame
que je suis parti immédiatement là-bas, j'ai rencontré la
directrice et nous avons décidé que tu exposerais... dans trois
jours.
- Quoi ! Tu le sais depuis quinze jours et tu ne m'en as rien dit
?!
- Lorsque je suis venu te voir, tu avais de la visite. Je n'ai pas
osé frapper. Quand vous êtes ressortis, j'ai vu que c'était elle.
- Elle ? De qui veux-tu parler ?
- De cette garce !
- Quelle garce ? Garibaldi se rend compte que son neveu n'est
pas dans un état normal. Il ne le brusque pas.
- La fille qui m'a pris Renaud... SALLY ! Je la hais... Elle est
belle, douce, intelligente, merveilleuse... et elle n'a pas voulu
de moi.
- Moi aussi je l'aime, tu sais !
- Oui... OUI ! Je le sais ! J'ai vu comme tu l'as peinte. J'ai
entendu vos soupirs, j'ai surpris vos regards... Je vous suis
partout... À la gare aussi j'y étais... Personne ne m'aime ainsi,
personne !
Florentin est recroquevillé sur lui-même. Hagard, des tics lui
arrachent des rictus. Garibaldi ne se laisse pas impressionner et
continue de l'interroger :
- Et Clara ?
- Elle est sotte et moche, je l'ai quittée !
- À présent, que comptes-tu faire ?
- Aller avec toi à Rio. Je suis indispensable, j'ai prétendu être
ton agent artistique, j'ai donc signé le contrat...
- Et si j'annule ce voyage ? Florentin blêmit :
- Tu n'oseras pas, n'est-ce pas ? Nous avons tant espéré cet
instant avec Renaud ! Tu ne vas pas nous lâcher maintenant !
- Nous ?
Florentin se défile devant la question et, prétextant un rendez-
vous, s'en va.
Pantois, Garibaldi voit la porte se refermer. Les billets dans la
main, la lettre dans l'autre, il n'en revient pas.
Des sentiments étranges se mêlent à sa colère. La
reconnaissance, la tendresse, la fierté. La méfiance aussi,
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