Page 162 - Violeurs d'Ame - Evelyne Vignal
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Violeurs d'Ame


          l'obligent à réfréner une trop grande satisfaction... Et Sally ?...
          Il l'appelle.
          À  l'autre bout, c'est  le mutisme. Seul, un  souffle court  et
          pénible, calme son éventuelle exaltation. Sans se décourager, il
          continue de s'expliquer... Un bip sonore  le surprend. Elle  a
          raccroché.
          Il sort en claquant la porte et déboule, avec un air renfrogné,
          chez le cafetier.
          - Une bière !
          - T'es malade ?
          - Fiche-moi la paix !
          Sur ces entrefaits, Valère et Ninon entrent dans le café.
          - Vous tombez bien, notre "Roméo" a besoin d'être consolé !
          s'écrie le "Farfelu", mécontent d'avoir subi un affront.
          - C'est Sally ? Elle a des problèmes ? Garibaldi se tait.
          - Où bien Florentin ? C'est lui, hein ?
          -  Florentin... Sally  ! J'en ai marre, râle Garibaldi. J'avais la
          paix, cette gosse m'a apporté les vagues et l'autre déchaîne un
          ouragan. Je ne sais plus où j'en suis... Et, en plus, je pars à Rio
          dans trois jours !
          Une avalanche de questions lui tombe dessus. Valère, Ninon et
          les autres l'entourent pour en savoir plus long. Il leur montre la
          lettre. Elle est lue, ponctuée d'interjections admiratives. Ils le
          congratulent sans  jalousie. Comme ce  serait facile d'être
          heureux ! soupire-t-il en les regardant l'envier, mais ce n'est pas
          aussi simple, Ninon l'a compris et le secoue :
          - Bon, tu pars... mais tu reviens ? Il hoche la tête :
          -  Alors profite des jours qu'il te reste pour sortir avec  ta
          gamine, au lieu d'être ici, avec nous, à te saouler ! Ne donne
          pas raison à Sally, si Florentin est le même...
          - C'est le même !
          - Ben, il n'est pas mort ?
          - Avec Florentin, il faut s'attendre à tout !
          - File chez cette pauvre môme, va la consoler, montre-toi à la
          hauteur ! Il est temps que tu prennes tes responsabilités, bon
          sang !
          Il frappe à  la  porte. Prudente, Sally regarde dans l'oeilleton
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