Page 165 - Violeurs d'Ame - Evelyne Vignal
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Violeurs d'Ame
Sally a pitié de cette pauvre mère, ignorante d'avoir porté en
son sein un être aussi vil :
- Je me permets d'insister, Madame, peut-être avez-vous reçu
un message, une lettre en son nom ?
- Non, je vous assure ! Pensez-vous que j'aurais pu oublier cela
?
- Désolée, je suis vraiment désolée. Elle raccroche.
- Si cette lettre n'est pas parvenue chez sa mère, alors où... et
comment est-elle arrivée jusqu'à Florentin ?... Renaud ?
* * *
Un télégramme de Rio, réjouit Sally. Garibaldi la prie
instamment de venir le rejoindre, trop désespéré de ne pas
l'avoir à ses côtés dans ses moments de reconnaissance
artistique.
Formalités vite expédiées, bagages rapidement remplis, elle
termine ses préparatifs en appelant ses parents, désormais
ensemble à Londres.
L'accueil de la nouvelle ne l'enchante guère. La communication
devient difficile lorsqu'elle a l'imprudence de relater les
événements des derniers jours, mais le blocage s'opère dès
qu'ils savent que Florentin est à Rio.
Ni les recommandations, ni les craintes de Tom n'ébranlent sa
décision, elle part.
Abrégeant ses adieux par de futiles prétextes, ils ne la
retiennent que le temps de prendre le nom de l'hôtel où elle
séjournera pendant cette période indéterminée. Son père hurle
dans le combiné lorsqu'elle dit ignorer l'endroit où elle sera
installée. Tenace, elle ne flanche pas sous les menaces de Tom.
Garibaldi lui-même, est resté vague sur la façon dont se
déroule son voyage.
Chaque soir, alors qu'il lui rapporte sa journée, elle sent que
son succès, ses obligations mondaines et son rythme de vie, le
dépassent. Florentin tient la situation entre ses mains. Ce
télégramme a dû être expédié en cachette, se persuade-t-elle.
L'avion décolle. Elle n'a plus qu'à livrer sa vie à son destin.
Fermant les yeux, elle se souvient de voyages précédents, il y a
fort longtemps, en compagnie d'un autre homme, le sien, son
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