Page 172 - Violeurs d'Ame - Evelyne Vignal
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Violeurs d'Ame
Florentin m'avait suivie...
- Qu'est-ce que tu dis ?
- Il prétend me suivre depuis trois jours.
Fatigué, Garibaldi se lasse soudain de cet enchaînement
d'événements, il voudrait être au Jardin des Artistes, sans
femme, sans souci mais voilà, mon gars, tu es amoureux !, se
lamente-t-il sur son sort.
Sally poursuit :
- Je ne t'ai pas raconté le plus terrible...
- Je suis prêt à tout entendre, je t'écoute !
- Florentin et Renaud couchent ensemble !
- Ils quoi ?
- Ils font l'amour ensemble ! D'après ce que j'ai vu, Renaud ne
doit y consentir que sous la menace, il paraissait honteux...
- Mon Dieu ! Il va falloir l'écraser ce gosse ! Garibaldi hésite
avant de se confier à Sally :
- Je n'avais pas voulu t'alarmer sans preuve, mais tes
révélations ne m'étonnent guère. Florentin avait une attitude
tellement étrange depuis notre arrivée ici. Parfois, il se coupait
dans ses propos,
parlait de "nous, il". Avec cette satanée exposition, je n'ai pu
prendre le temps de fouiner dans ses affaires... Il faut dire
aussi, qu'il mentait si bien quand je l'interrogeais sur son
emploi du temps !
Sally devient prisonnière, impossible de sortir sans Garibaldi et
ce dernier n'a pas une minute à lui consacrer. Alors, il
l'emmène avec lui. Les articles déclenchent des soirées à
répétition. On ne voit que lui dans les premières pages des
journaux, au bras de Sally.
Vagabondant dans les rues, Renaud a réussi à semer Florentin.
Le carnaval commence bientôt. La foule est de plus en plus
excitée.
Avec de la menue monnaie, il se commande une bière à la
terrasse d'un café. Un journal étale la photo du "couple
vedette". Le "nouveau génie de la peinture et de sa muse". Un
pincement lui serre le coeur. Il relit l'article jusqu'à ce que
chaque mot s'inscrive dans sa mémoire. L'adresse de la galerie
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