Page 177 - Violeurs d'Ame - Evelyne Vignal
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Violeurs d'Ame


          * * *
          Sally vient de passer  sa journée  avec Renaud. Ils se  sont
          baignés, ont flâné, mangé des crustacés, croqué avec entrain les
          instants furtifs volés à  Florentin. Il n'y a plus  de malentendu
          entre eux. Renaud restera ici, Sally repartira, le moment venu, à
          Paris, épousera Garibaldi et sera enfin heureuse.
          Comme elle aime ce retournement de situation. Aujourd'hui
          c'est elle qui manipule Renaud, au détriment de Florentin. Elle
          retarde, par des astuces bien féminines, le retour de Renaud à
          son hôtel. Elle
          peut constater la facilité avec laquelle Renaud se laisse
          attendrir. Au moment d'aller chercher Marjorie à l'aéroport, elle
          propose de l'accompagner. Il hésite, sourit radieux, et l'emmène
          avec lui. C'est un comble !... Comble de joie quand Marjorie
          descend de l'avion et les aperçoit, coude à coude, penchés au-
          dessus d'une rambarde. Même Renaud s'amuse follement de la
          décomposition de sa mère.
          - Quelle revanche, soupire d'aise, Sally.
          - Je te dois bien ça, mon Amour !
          Ils se regardent, un large sourire  baignant leur visage d'une
          félicité complice.
          Marjorie, parfaite dans son indignation, ne pose aucune
          question, ne fait guère plus d'allusion et embrasse du bout des
          lèvres  sa bru. Elle observe surtout la pétulance de son fils,
          serein et épanoui. Non, elle ne lui fera pas remarquer, de peur
          que ce soit Sally et non son arrivée qui le mette dans ces états...
          La jeune femme, après avoir savouré le KO. de Marjorie, prend
          congé d'eux. Elle embrasse fougueusement  Renaud sur la
          bouche, souhaite un bon séjour à Marjorie, non sans avoir,
          auparavant, fait une réflexion sur Florentin, puis s'éclipse dans
          une pirouette exubérante.
          Elle ne se retourne pas, préférant deviner la défaite de sa belle-
          mère et la malice de son Renaud.
          Comme elle a hâte de raconter sa journée à Garibaldi ! La nuit
          tombe, il doit être dans leur suite à s'inquiéter. Plus vite, elle
          presse le pas. Trop follette, elle ne s'aperçoit pas de l'ombre
          silhouettée qui la suit. Celle qui, depuis ce matin, talonne les
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