Page 180 - Violeurs d'Ame - Evelyne Vignal
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Violeurs d'Ame
Elle s'échappe à reculons de son emprise. Il avance, forcené, il
a perdu la raison. Le mur, ennemi, complice, bloque Sally dans
sa fuite. Elle crie. Il lui déchire son peignoir. Nue devant lui,
elle hurle, comme dans sa maison, comme dans le passé, elle
hurle, s'époumone de plus en plus. Il la gifle.
Elle s'effondre sur le sol, les bras endoloris, le visage tuméfié.
Lui, hébété, regarde sa main, puis Sally.
Son désarroi redonne suffisamment d'énergie à Sally qui se
jette sur une paire de ciseaux :
- Moi non plus, je n'hésiterai pas à t'abattre comme un chien !
Pauvre type... chaque chose que tu touches devient sale... Dès
que ton regard se pose quelque part, la vie s'éteint, quant à ta
présence, elle anéantit les espoirs. Tu m'écoeures !
Dès qu'elle se tait, il la supplie :
- Aime-moi ! Pourquoi ne veux-tu pas m'aimer ? On pourrait
tous s'aimer ! gémit-il.
- ARRETE DE PARLER D'AMOUR !
- Mais moi je t'aime !
Elle se bouche les oreilles et court s'enfermer dans la salle de
bains. Sans réaction, Florentin ne la retient pas. Il sombre dans
un état de delirium en se balançant d'avant en arrière sans
cesser de répéter qu'il l'aime.
Chacun reste à sa place jusqu'à ce que Garibaldi revienne de la
Galerie. Quand il ouvre la porte, Florentin est dans un triste
état. Seul, au pied du canapé.
- Qu'as-tu fait à Sally ?
Florentin ne soulève pas la tête, prostré.
Garibaldi appelle la jeune femme qui sort précipitamment de sa
cachette pour se "barricader" dans les bras de son homme.
- Que t'a-t-il fait ?
- A part quelques bleus, rien.
En colère, Garibaldi se retourne pour flanquer une raclée à son
neveu. Celui-ci est parti.
Il lui sert à boire. Elle tourne le dos à l'entrée.
- Ben, mes gaillards ! On s'en fait pas ! Vous êtes drôlement
bien logés !
-VALERE?... NINON? Elle se pelotonne contre eux :
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