Page 183 - Violeurs d'Ame - Evelyne Vignal
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Violeurs d'Ame


          vivre. "L'ours", m'appelait-on lorsque j'arrivais aux limites de
          l'insociabilité. Cela me  vexait d'autant plus qu'ils marquaient
          leur mécontentement en m'ignorant pendant de nombreux
          jours.  Ces périodes-là, je m'en souviens, étaient pour  moi,
          bénéfiques, je les passais dans les profondeurs intimes de mon
          malaise. Moments bien douloureux qui se sont arrêtés le jour
          où, devant ma toile blanche, j'ai eu la vision du bonheur. J'ai
          peint les yeux fermés et voilà  ce que cela a donné. Par
          mimétisme, j'avais reproduit ma vraie nature. J'étais la richesse
          de mes tons, l'absolu de  mes personnages. J'étais un homme
          heureux... il ne manquait que toi dans ma vie, sourit-il.
          Ils feront comme tous  les brésiliens, danseront, trépigneront,
          hurleront... s'amuseront.
          A peine rentrée d'une nuit blanche, Sally  repart après avoir
          changé de vêtements.
          Garibaldi ne l'accompagne pas, il achève sa tournée des
          mondanités. Il excuse l'absence de sa femme, elle est si jeune !
          Avant de la laisser s'échapper, il lui recommande la prudence.
          Valère et Ninon, trop épuisés, ne quittent pas leur lit. Après
          tout, ce n'est pas si souvent qu'ils ont l'occasion de dormir dans
          des draps frais.
          Florentin avait poursuivi Renaud dans sa fuite, abandonnant
          Marjorie.
          N'ayant pas réussi à le rattraper, il avait passé sa soirée, puis sa
          nuit à essayer de le retrouver. Qui ne serait pas découragé au
          petit matin après une chasse infructueuse ? Mais... Florentin !
          Inlassablement, il  arpente les  trottoirs, les grande artères
          comme les rues coupe-gorge, les  bars comme les abris, il
          questionne les amis et les fêtards... Sans succès.
          Marjorie, trop soucieuse de l'impulsivité de son fils, n'attendra
          pas qu'il revienne, elle aussi sort dans la rue, passant à travers
          les chars et les ballets...
          Après un peu de repos, elle repart, fraîche et dispose, prête à
          sacrifier sa santé pour revoir son fils.
          Renaud, lui est sur la place. Il cuve ses abus. Après être parti,
          furieux, de l'hôtel, il s'est lancé à corps perdu dans le défilé le
          plus fou, le plus coloré, le plus dansant de la planète. Son rêve
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