Page 195 - Violeurs d'Ame - Evelyne Vignal
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Violeurs d'Ame
- Dès qu'il m'a entendu prononcer les mots, "voir Renaud"... il
est parti.
- Est-ce tout ? demande Garibaldi.
- Non. Avant de disparaître, il m'a supplié d'avoir confiance en
lui, qu'il s'occupait de nous, de notre bonheur... Voilà.
Garibaldi, excité, s'approche d'elle, lui prend les mains et les
embrasse :
- Ma chérie... Ce ne sont que des rêves ! Tu es vivante, il est
mort... Tu m'entends, Florentin est MORT !!!
Son soulagement est de brève durée.
- C'est ce que je pensais le matin en me réveillant, c'est
pourquoi je m'appliquais à m'étourdir et à me mentir. Puis,
rappelle-toi, mes boulimies dispensieuses et "bouffonnes", mes
violences verbales, mes effondrements soudains, je devenais
dépendante d'une force terriblement intransigeante qui me
manipulait malgré ma volonté. Je la sous-estimais tellement,
cette force... qu'elle a frappé plus fort...
Elle veut être persuadée que Garibaldi va la croire, alors elle
insiste :
- C'est invraisemblable, mais la pure vérité ! Crois-moi !
- Je te promets d'essayer ! Vas-y parle !
- C'est arrivé après la visite du médecin. Florentin s'offusqua de
ta démarche. Il ébranla si fort mon corps, ma tête, mes idées,
que je crus défaillir. En me regardant dans la glace, son visage
m'apparut dans le miroir...
- Juste cette fois ?
- Non. Depuis, c'est presque chaque jour !
- Que fait-il ? Que dit-il ?
- Rien, il me regarde.
- C'est tout ?
- Oui. Sauf que dans ces moments-là, mes douleurs
disparaissent, je me sens bien.
- Et dès qu'il s'en va ta souffrance revient ? s'indigne Garibaldi.
Elle hoche la tête d'assentiment.
- Quelle histoire de fou ! Il va bien falloir trouver une solution
? Ma chérie, lui dit-il en la prenant dans ses bras, je ne supporte
plus de te voir ainsi !
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