Page 77 - Violeurs d'Ame - Evelyne Vignal
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Violeurs d'Ame


          -  Parler de  cette manière  à ta  mère ?  À  cette femme qui a
          recours aux pires ignominies pour te garder sous sa coupe ? Tu
          es dépendant de cette pourriture parcequ'elle en a voulu ainsi
          !... Tu n'es pas heureux avec moi, parcequ'elle s'insurge dans
          notre bonheur... Et quand elle veut savoir, miroir, oh ! miroir
          qui tu préfères, elle te fait boire !
          À l'hôpital, j'avais décidé de quitter cette vie de fantoche. Cette
          fois, je te demande de choisir entre ta mère et moi, sinon, c'est
          fini...
          Elle sort en claquant la porte et se réfugie dans leur chambre.
          Renaud est derrière elle. Il n'a pas le temps de stopper son élan
          qu'il reçoit une gifle :
          - Idiot ! Tu n'es qu'un  pantin entre leurs mains. Vas-tu enfin
          voir clair dans le jeu qu'ils t'obligent à jouer !
          Il la regarde dans les yeux, sans sourciller :
          - Puis-je connaître les motifs de ce déferlement d'agressivité ?
          -  Va voir dans ton meuble à cylindre ou mieux, puisque nous
          sommes ici, va jeter un oeil dans les toilettes...
          -Ah!
          Effondré, Renaud se pose lourdement sur le rebord du lit. Les
          mains sur le visage, il pleure.
          - Tu ne me quittes pas, hein ? Tu ne me quittes pas ?
          - Il faut partir d'ici, Renaud ! Ils vont nous détruire... Pour toute
          réponse, il secoue la tête.
          - Viens allons prendre l'air ! Il la suit, docile.
          Dehors, ils croisent Alfred. Le dos voûté, il vient prendre des
          nouvelles et demander le pardon pour Marjorie. Sally refuse
          d'un signe de la tête entraînant Renaud vers la voiture.
          Alfred insiste :
          -   Ma petite... Puis, il  s'éloigne à  grands pas. Sally, trop en
          colère, ne le plaint pas.
          Ils ont quitté la Capitale. Ils roulent en direction de Saint  -
          Germain-en-Laye, l'endroit qui a scellé leur union. La nuit est
          tombée, la banlieue s'endort. Ils n'ont pas mangé, ne parlent
          pas.  À  une pompe à essence elle fait  le plein, achète  des
          gourmandises et repart. Pour aller, elle ne sait où, mais avec la
          certitude d'avoir raison.
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