Page 79 - Violeurs d'Ame - Evelyne Vignal
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Violeurs d'Ame


          Marjorie, de ce prochain départ n'a pas été chose facile. Elle
          tient  Sally pour  reponsable  de ce changement et ne fait  plus
          aucun effort pour se réconcilier avec elle. Ouvertement, cette
          belle-mère revêche manifeste sa franche hostilité envers sa bru,
          en l'ignorant, dans les croisements, en la toisant méchamment.
          Bien vite, dans l'incapacité de supporter plus longuement ces
          querelles silencieuses, avant le chaos, Sally règle le malaise en
          réintégrant son studio. Renaud est d'accord, le temps de trouver
          un autre nid où se poser.
          Ses bagages seront vite prêts.
          L'intermède imposé permet à Sally une  remise à  jour
          indispensable à son équilibre défaillant.
          Les journées à la boutique ont plus d'allant. Les soirs, devant la
          télévision, sont plus reposants. Un plateau sur les genoux,
          dévorant  les plats  les plus calorifiques, les gâteaux les plus
          crémeux, elle balance ses à-priori.
          Près de son lit sont épingles les  mots d'amour de Renaud,
          apportés par le facteur à l'heure  du petit déjeuner. Ils  se
          téléphonent souvent et déjeunent  ensemble avant de s'aimer
          dans son lit de demoiselle. Tard, il repart dormir chez sa mère,
          mais elle s'en moque.
          Par Joséphé, elle apprend les hardiesses déployées par les
          "conspirateurs" pour empêcher Renaud de trouver une maison.
          Après tout, ne doit-elle pas être en banlieue, loin d'eux ?
          Stoïque, sans haine et sans peine, elle met Renaud à l'épreuve.
          En priant chaque jour pour qu'il s'en sorte et combatte l'ennemi.
          Elle ne veut rien savoir de la souffrance de ses luttes dans la
          solitude... pourtant !
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          Sally, sur  sa terrasse, enlève  les dernières  fleurs de ses
          jardinières. Les  gelées  commencent à martyriser les bonnes
          volontés et décourager les ultimes bourgeons.
          -  Les saisons n'ont rien enlevé à votre beauté, vous êtes
          toujours la plus belle !
          Sally se penche. Renaud est en bas, souriant. Le temps qu'elle
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