Page 83 - Violeurs d'Ame - Evelyne Vignal
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Violeurs d'Ame


          réponses restent évasives. Dès qu'on nous coupe en deux, en
          somme, soupire Sally. Pour l'instant, le drapeau blanc est hissé,
          croisons les doigts !
          -  La jalousie est une maladie terrible ! s'étonne Justine, grave.
          - Surtout quand elle est nécessaire pour exister, c'est affreux !
          Taquine, Justine lui dit :
          - Toi aussi, ma chère, tu es jalouse !
          - Non ! Non. Oh ! Tu as sans nul doute raison !
          Comment expliquer à cette femme, nouvellement entrée dans
          sa vie, que sa jalousie n'est que peur et terreur. Comment lui
          avouer que sans veille constante,  Florentin entraînerait  son
          mari dans une liaison amoureuse. Obsédante pensée décadente
          qui hante Sally ! Qui peut la comprendre  ? Joséphé ?  Elle
          minimise chaque fois ses
          craintes ! Ce garçon, Gus, lucide des préliminaires sous-jacents
          ou  médisant  méchant ? Elle ne pouvait rien lui reprocher,  il
          avait été brutal, mais au moins, l'avait avertie.
          Dans le  salon, les hommes parlent aussi de ce sentiment
          mauvais qu'est la jubilation cruelle à vouloir jouir de ce qui ne
          nous appartient pas.
          Renaud justifie sa mère, son ami, effaçant Sally :
          - Et notre adorable Sally, que devient-elle dans ce trio infernal
          ?
          -  Mais elle est ma femme ! La personne que j'aime par-dessus
          tout ! Pourquoi devrait-elle être envieuse de ma famille, de mes
          amis, alors  que nous vivons ensemble.  Vais-je devoir
          réellement sacrifier mon passé pour la convaincre de ma bonne
          foi ?
          Paul décèle une certaine fierté dans les propos de Renaud. Etre
          adoré ainsi flatte son égocentrisme.
          -  Tu aimes trop ces sentiments d'autrui pour te tirer de cette
          panade  ! Fais bien  attention, mon grand,  cherche  les vraies
          valeurs d'une vie, de celle que tu désires offrir à Sally, car j'ai
          bien peur qu'il ne soit trop tard avant même que tu n'en prennes
          conscience. Cet aveuglement te coûtera cher !
          Il pose un instant sa voix :
          -   Quand on aime une femme, comme tu prétends aimer la
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