Page 87 - Violeurs d'Ame - Evelyne Vignal
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Violeurs d'Ame
Sally accepte de lui prêter son studio pour une semaine.
Florentin hésite :
- Je te remercie... mais, comprends-moi, je me sens perdu et ...
j'ai grandement besoin de vous ! De parler avec Renaud... de...
d'être en votre compagnie, me permettra de me relever de ce
choc.
- D'accord, d'accord, s'énerve Renaud.
La situation s'appesantit, il ne le supporte pas :
- D'accord pour huit jours... Une semaine ! Tu as bien compris,
Florentin ?
Ce dernier rayonne :
- Vous êtes chouette... Ah ! La campagne... Vous deux... ! Je
boirais bien une autre bière !
Sally se lève, le sert, sort du salon, monte à l'étage, fait sa
toilette, ressort, entre dans la chambre, défait son lit, retire son
peignoir, ses chaussons et s'allonge... Enfin, elle peut pleurer.
Jusqu'à ce que son cher et tendre mari monte, à trois heures du
matin, elle pleurera. Cigarette et houblon empesteront les
draps...
Il lui prendra la taille en s'excusant. Elle ne bougera pas. Le
sommeil les kidnappera au plus profond de l'abîme.
Le réveil ressemble au sommeil, catastrophique. Le pain est
trop grillé, le café déborde, tachant son chemisier et d'un geste
malhabile elle arrache un bouton de sa veste de tweed.
À présent, elle roule, imprudente en direction du magasin. À sa
démarche, Mamaq' comprend qu'il se passe quelque chose
d'anormal. D'emblée, Sally raconte, en gesticulant.
- Sais-tu qui a débarqué avec ses valises, hier soir ? Oh non !
Marraine, tu ne vas pas penser à ce cafard de Florentin ! Et
bien ! Si. Figure-toi que Clara l'a viré de l'appartement ! Alors
il a pensé à nous... Ben voyons ! pas à cette "chieuse" de
Marjorie, non. Chez NOUS !
- Ma chérie, tu es grossière !
- Ca me soulage !
- Pour combien de...
- De jours ? Une semaine. Mais il ne foutra jamais le camp
après une semaine, j'en suis certaine ! Maintenant qu'il a posé
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