Page 86 - Violeurs d'Ame - Evelyne Vignal
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Violeurs d'Ame
l'entrée et pénètre dans le salon. La présence des invités est une
bonne aubaine, pense-t-il, devant ces gens, ils ne tenteront pas
de le dissuader de rester. Paul très en verve improvise.
- Ainsi vous êtes LE Florentin dont m'a parlé notre cher
Renaud ?
- J'espère que ses paroles étaient flatteuses pour ma modeste
personne, réplique Florentin, mielleux.
- Que crains-tu ? ironise Sally.
- Je boirais bien une bière, se permet de commander Florentin
en lui coupant la parole. Puis, s'adressant à Renaud, sur un ton
accusateur :
- Tu ne m'as jamais parlé de tes amis ? Cachottier !
- Chacun sa vie et ses amis, mon cher ! Il faut savoir garder un
jardin secret et s'offrir d'autres horizons parfois ! N'êtes-vous
pas de mon avis ? ajoute Justine.
-Certainement ! Sally vous a, sans doute, dit que je faisais
partie de ces "emmerdeurs" dont on se débarrasse difficilement
!? Que voulez-vous, je les aime ces deux-là ! Qu'y puis-je ?
Sally ne relève pas l'observation. Prétextant une migraine, elle
s'absente, monte dans la chambre, tape dans un mur pour se
soulager et redescend, souriante.
Florentin sera encore là au souper. Il ne permettra à personne
de lui voler la parole. Entre les mensonges, son aplomb et ses
mystères, il subjuguera Justine et intriguera Paul. Ce dernier,
persuadé que ce garçon devait déclencher plus de haine qu'une
simple jalousie, le trouvera odieux et abrégera leur visite
prétextant la route à faire.
Les adieux seront déchirants. Sally, parce qu'elle va devoir
supporter Florentin, Justine et Paul, par regret d'abandonner la
pauvre enfant.
Ils sont tous les trois. Sally et Renaud assis dans le canapé,
Florentin arpente la pièce, une main dans la poche, l'autre se
grattant le menton.
- Qu'espères-tu Florentin, interroge Renaud, connaissant déjà la
réponse.
- Que vous m'hébergiez le temps de faire face à cette situation
critique.
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