Page 56 - Violeurs d'Ame - Evelyne Vignal
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Violeurs d'Ame
entre, claque la porte, l'embrasse fougueusement et s'écrie :
- J'ai une excellente nouvelle à t'annoncer !
Il pose sa veste, ouvre les placards, le frigo, se prépare une
omelette et dit avoir une faim de loup sans prêter attention aux
difficultés de sa femme à se lever du lit.
- Tu vas retrouver ton joli sourire quand tu connaîtras la raison
de mon retard !
- Alors, vas-y !, s'impatiente-t-elle excédée.
- Nous allons habiter dans une maison !
- Quoi ! Une maison à nous ?
- Oui... enfin presque... c'est Maman qui me l'a proposée, j'ai
accepté, tu es d'accord ?
- De quoi parles-tu ?
Il lui dépeint le tableau idyllique coloré par sa mère. Elle se
tait, abattue.
Voulant ignorer la déconfiture de sa femme, il continue la
description des avantages qu'ils ont à accepter l'offre, omettant
volontairement d'énumérer les inconvénients.
- Maman a été formidable, sachant ta santé précaire, elle nous
a octroyé l'aide d'Angeline pour l'entretien de la maison !
- Enfin une bonne nouvelle ! soupire Sally, lasse et impuissante
devant tant de jovialité.
Vivre auprès de ses beaux-parents !
L'aveuglement de son mari l'excède. Ne voit-il pas qu'il est
l'enjeu que personne ne veut perdre, tout particulièrement sa
mère... ou Florentin... ou bien elle ?
Elle devrait être fîère d'avoir épousé un homme si adulé, elle en
est horrifiée !
Les vampires contre-attaquent. Le téléphone sonne. C'est
Florentin. Il veut connaître la décision de Madame. Gêné,
Renaud répond par bribes : "Oui... Bof !... Oui... "
De l'autre côté, là-bas, dans la maison "d'arrêt" ce sont de
grands débordements. Sally entend leurs cris de joie. Même
Renaud trouve déplacés leurs excès et raccroche
immédiatement.
- Est-ce la voix de Florentin que j'ai entendue ?, demande
Sally, menaçante.
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