Page 57 - Violeurs d'Ame - Evelyne Vignal
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Violeurs d'Ame
- Oui, c'était un hasard. Il rendait visite à sa mère, en face,
quand il a vu la voiture... Il est venu, normal, non ?
- Bien sûr ! Je comprends surtout que j'étais la seule absente et
que cela me déplaît énormément ! Au-revoir !
Il la retient par la manche de son peignoir :
- Attends Sally !... Je voudrais savoir comment se porte mon
bébé !
- Il espère son père, jour et nuit !
- Chérie ! Ne sois pas si dure avec moi ! C'est vrai que tu
n'étais pas avec nous ce soir, c'est aussi vrai que j'ai manqué à
mon devoir en te laissant sans nouvelle, mais ce qui est certain,
c'est que ta présence m'aurait empêché de discuter avec
Florentin !
- Qu'avais-tu à lui dire ?
- Que si je venais habiter dans cette maison, c'était pour y être
heureux, que je souhaitais un nouveau départ, dans notre vie,
avec l'espoir que les gens que j'aime s'entendent.
- Sinon...
- Sinon, s'il continuait à se conduire aussi mal avec toi, nous
déménagerions loin d'ici sans espoir de se revoir un jour.
- Tu lui as dit ça ! Et à ta mère ?
- Ma mère l'a pris pour elle aussi.
- Comment "ces agneaux" ont-ils réagi ?
Il la soulève de terre puis l'allonge sur le lit :
- Intelligemment ! Comme tu vas le faire de ton côté, ma
Douce !
- Eh là ! Ce sont eux qui nous nuisent ! Qui nous accompagne
partout pour ensuite colporter des ragots à ta mère ? Qui me
reçoit chez elle avec tant de pédantisme ? Quels sont les gens
qui te retiennent le soir entre leurs griffes ? Hein ? Ce sont eux
!
- Depuis que je suis gosse, ils m'accaparent. Que puis-je tenter
d'autre que de les menacer ? Espérons que la tactique sera la
bonne !
- Ta faiblesse te perdra... Souhaites-tu vraiment que cela
change ?
- Cesse de douter de ma bonne foi !!
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