Page 62 - Violeurs d'Ame - Evelyne Vignal
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Violeurs d'Ame
! Là, où ça se gâte, je suis navré, c'est au niveau de la
grossesse... Elle a perdu son enfant !
Diane, les mains sur la bouche, étouffe un cri. Tom, blême,
entoure les épaules de sa femme, sans un regard pour Marjorie,
piteusement silencieuse.
Dans une chambre particulière, Sally se repose. La porte
grince, faiblement, elle tourne la tête. Diane s'approche du lit,
les mains tendues, la mine crispée.
- Ne me dis rien, Maman, j'ai compris. D'ailleurs, je m'en
doutais depuis longtemps !
Diane lui demande des explications :
- J'étais à mon cinquième mois et mon bébé n'a jamais bougé...
Je me suis tue pour repousser l'évidence... J'avais tellement mal
!
- Mais enfin, lorsque tu passais tes visites ?
- J'ai décommandé mes deux derniers rendez-vous, je le savais,
tu comprends ?
- Mon Dieu ! Tu aurais pu mourir !!
Diane la sermonne pour le danger de son irresponsabilité de ses
réactions pour finir par la serrer très fort contre sa poitrine.
Sally cède enfin au chagrin :
- J'ai mal Maman, tellement mal ! Si Renaud pouvait être à mes
côtés ! Diane la réconforte. L'arrivée de Tom ravive la détresse
de la
malade, elle s'écroule dans ses bras.
- Ta belle-mère va essayer de joindre Renaud. Elle m'a dit de
t'embrasser. Je crois qu'elle était sincère. Nous avons eu tous
très peur !
- Sauf Renaud, qui doit être avec Florentin ! Ils
sont continuellement ensemble !
Minuit. Une voix d'homme perturbe le service. C'est Renaud. Il
entre en trombe dans la chambre, réveillant Tom. Sally n'ayant
pu fermer l'oeil.
Tom se lève cédant sa place.
Indisposée par une grande lassitude, Sally se tait.
Soudain, les murs blanc-fade aux stores jaunes fanés par le
soleil et les plaintes des malades contrastent avec le rouge vif
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