Page 66 - Violeurs d'Ame - Evelyne Vignal
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Violeurs d'Ame
Perturbés par la présence d'Alfred, la mère et le fils ont du mal
à se sortir de l'atmosphère cotonneuse créée par la fatigue, les
bougies et l'alcool. Des canettes de bière et des tasses jonchent
la table basse du salon.
Alfred, en peignoir, les mains dans les poches sermonne son
épouse :
- Ne crois-tu pas ma chérie, qu'un grand bol de café et des
tartines beurrées auraient été préférables à ton fils ?
Renaud ouvre la bouche pour défendre sa mère. Alfred insiste :
- Ta mère se devait...
- Vieux rabat-joie, dit-elle en s'approchant, enjôleuse.
- Et toi... "machiavelle"... Puisque tuas autant d'autorité sur ton
cher fils, prie-le d'aller au lit !
Marjorie propose sa chambre de jeune homme, à l'étage, Alfred
corrige :
- Non, il va dormir chez lui ! Maladroit, Renaud les salue et
disparaît.
- Je t'en prie, ne dis rien !, contrecarre Marjorie devant le
regard désapprobateur de son mari.
Midi... Renaud revient à la clinique. Sans vergogne, déterminé
à effacer, ce qu'il considère comme un malentendu, l'incident
de son absence, la veille au soir, il entre, prêt à reconquérir le
coeur de Sally.
Son bonjour reste distant. Pourtant, il n'abandonne pas ses
chances pour autant et lui tend une enveloppe.
Des billets pour le soleil éternel. Tahiti. Un dépliant joint,
vante la chance de Sally à partir sous les tropiques. Elle ne
réagit pas.
- Sally, je t'en supplie, donne-moi une autre chance... Comment
vais-je pouvoir vivre sans toi, c'est impossible !
Le docteur Talense interrompt sa complainte, il en profite :
- Dites-lui docteur, qu'elle a besoin de changer d'air ! Je veux
l'emmener loin et elle hésite...
- Je vais l'examiner pour la rassurer. Renaud s'éclipse :
- Vous formez un bien joli couple ! Cet homme vous aime, ça
se voit !
- Moi aussi j'aime cet homme, mais pas son entourage... Si
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