Page 65 - Violeurs d'Ame - Evelyne Vignal
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Violeurs d'Ame
disparaissait de ma vie, tu en serais très heureuse ! Tu vas bien
écouter ce que j'ai à te dire... ECOUTE-MOI BIEN !!... Si ma
femme me quitte, jamais tu ne me reverras, JAMAIS ! J'en ai
marre d'être manipulé par vous deux...
- Nous deux ?, dit Marjorie d'une petite voix.
- Oui, vous deux, toi et Florentin î... Vous êtes odieux avec
elle... Mais vous ne m'aurez pas pour autant si elle s'en va ! JE
ME FOUS EN L'AIR!!!
- Mon chéri, mon tout petit, calme-toi ! La santé de ta femme
n'est pas aussi préoccupante, j'ai discuté avec son médecin !
Pourquoi me dire toutes ces "vilaineries" alors que je vous ai
proposé ce pavillon, sans compter les services d'Angeline ni les
crédits illimités pour l'aménagement de votre intérieur afin de
contribuer, à ma manière, à votre bien-être ? Vraiment, quelle
ingratitude !
- Et la gentillesse, Maman, l'amour, le respect, lui en as-tu
donnés ? Ton fric, elle s'en fout, ma femme ! Ce qu'elle veut,
c'est qu'on nous fiche la paix !
Il secoue la tête, dégoûté :
-Et moi, je suis là, à céder à tous vos caprices... Un pauvre type
!
- Elle aussi te mène par le bout du nez !
- Elle, comme tu le dis si bien, est ma FEMME ! Toi, tu n'es
que ma mère !
- RENAUD ! C'en est assez. Je ne suis peut-être que ta mère,
mais je te prie d'être plus respectueux...
Puis, baissant le ton :
- Ta colère m'a ouvert les yeux, dorénavant, je serai plus
attentive à votre vie personnelle et...
- Non, pitié ! À présent, ne t'en occupe plus, c'est terminé.
TERMINE!!!
- Très bien, très bien, n'en parlons plus ! Désires-tu boire
quelque chose ?
Il accepte. Elle lui sert une bière irlandaise.
Caressante, Marjorie se fait douce, compréhensive, apaisante.
Il s'abandonne.
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