Page 61 - Violeurs d'Ame - Evelyne Vignal
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Violeurs d'Ame


          Alitée depuis un mois, son état s'aggrave. Malgré les bons soins
          d'Angeline, seule à pouvoir endurer sans rechigner les humeurs
          maussades de la future mère, les empressements amoureux de
          Renaud, les attentions répétées de Diane, Tom et Mamaq', les
          visites quotidiennes de Joséphé, les bouquets de fleurs d'Alfred,
          le respect de Marjorie et l'absence de Florentin, Sally devient
          taciturne et anorexique.
          Esseulée, ce soir, par obligation, elle éteint la lumière de bonne
          heure. Brusquement, c'est le drame. Une douleur fulgurante lui
          déchire le bas ventre. Elle  hurle, sans qu'Angeline, à l'autre
          bout du bâtiment, ne l'entende.
          Péniblement, elle rampe jusqu'à la porte et crie son nom. Son
          appel résonne et précipite Angeline dans les escaliers.
          Trop tard, Sally, pliée en deux, bascule en dévalant les marches
          pour finir par chuter à ses pieds, inanimée, un filet de sang au
          coin de la bouche.
          La servante, affolée, appelle les urgences. Ensuite, elle tente tic
          joindre tous les membres de la famille, Marjorie et Alfred sont
          » une soirée, Diane, exceptionnellement depuis des mois, est à
          un congrès, Florentin, probablement en compagnie de Renaud.
          Alors, elle essaie Joséphé, Albine et les autres. Comme si la
          terre était désertée, personne ne répond. Alors, elle téléphone
          en Angleterre. Il est là. Le plus calmement possible,  elle
          l'informe de la situation.
          - Ne vous inquiétez pas, Angeline, l'avion d'un ami est à ma
          disposition à toute heure. Je préviens le pilote et suis à l'hôpital
          au plus vite.
          Tom raccroche, joint son ami, prend son sac dans l'entrée.
          Dorénavant toujours prêt à partir, d'urgence, il sort.
          Deux heures plus tard, il est devant l'hôtesse. Derrière lui,
          Diane et Marjorie, encore en tenue, arrivent.
          Le Docteur Talense, un ami d'enfance de Diane, les reçoit.
          Rassurant, il se présente avec le sourire, embrasse Diane et les
          prie de le suivre dans son bureau :
          -  Pas d'inquiétude, mes amis, votre fille va bien, Dieu merci !
          Le choc a été brutal...  nous avons même craint, pendant un
          moment... Bon, enfin ! Le danger étant écarté n'en parlons plus
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