Page 59 - Violeurs d'Ame - Evelyne Vignal
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Violeurs d'Ame
?
- Renaud semble ravi.
- Et toi, tu l'es pour trois, n'est-ce pas ?
- Alfred ! Que vas-tu t'imaginer ?
- Ne te mêle pas de leurs affaires, s'il te plaît, soupire Alfred.
Tu as voulu que ton fils soit à la portée de ta main. Ca y est, il
est là. Maintenant, efface-toi humblement devant leur vie
privée et occupe-toi de moi, pour changer !
- Tu es ingrat, Alfred !
Elle ne veut pas en entendre plus et se dirige vers Renaud
qu'elle aperçoit au loin.
Il admire un rosier grimpant fleuri, au-dessus de la porte
d'entrée.
- J'espère que tu es heureux, mon chéri, d'habiter de nouveau
dans ce grand parc ?
Sa réponse reste vague :
- Je souhaite surtout le rester longtemps !
Décidément, elle n'a pas de chance. Elle n'a plus qu'à se
rabattre sur Florentin qui arrive, en grandes enjambées. Elle va
au-devant de lui.
- Ils se sont tous ligués contre moi, mon cher Florentin.
- Mon affection et mon attention vous sont acquises, je vous
suis tout dévoué !
Ils se sourient, complices.
Bras dessus, bras dessous, ils entrent dans la maison, non sans
avoir frappé auparavant. Sally se retourne. Les apercevant, sans
répondre, elle prend la cage des colombes et la pose au milieu
de la pièce vide, dans les courants d'air.
Dès qu'il franchit l'entrée, Florentin aperçoit les oiseaux. Se
toisant avec Sally, pour juger de l'expression de l'autre, il
demande :
- Leur as-tu donné un nom ?
- Ange et Démon, rétorque-t-elle sèchement.
- Drôles de noms !, répond Florentin, mal à l'aise. Elles vont
mourir si tu les laisses ici, dans le froid.
- Oh ! Mais elles ne vont pas rester ici ! J'avais simplement
envie que tu te souviennes du charmant symbole que tu as
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