Page 70 - Violeurs d'Ame - Evelyne Vignal
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Violeurs d'Ame
- Venez danser, l'invite cette dernière, que ces hommes
puissent méditer sur leur chance !
Paul et Renaud, les suivent du regard.
- Vous semblez être un homme remarquablement fort.
Comment faites-vous ?, demande Renaud, intéressé.
- J'ai probablement le double de votre âge ! J'ai donc eu le
temps de me débarrasser de certaines contraintes, de me
détacher d'amitiés néfastes et d'éliminer mes mauvaises
habitudes. Je me passe volontiers de ruminer les anciennes
rancunes et les coups durs, aujourd'hui tout est remisé dans un
coin de ma mémoire... J'ai tellement fait le ménage dans ma
tête et dans mon entourage depuis que j'ai compris que cette
chienne de vie valait bien qu'on la respecte, que, c'est vrai, à
présent, je suis un homme fort ! Vous verrez, l'âge aide à la
raison !
Cette fois, ce sont les épouses qui restent assises. Les hommes
discutent au bar.
- Votre mari semble éperdument amoureux de vous, il est
charmant !
- C'est parce que vous le voyez dans un contexte qui n'est pas
le sien.
- Comment peut-on imaginer le contraire en le voyant ainsi !
- Non, ce que je veux dire, c'est que sans une mère abusive,
envieuse, superficielle et un ami d'enfance, envahissant,
glacial, tyrannique et extrêmement jaloux, Renaud serait
un homme formidable.
- Mais...
- Mais, il est faible, trop... bon, gentil, disponible, conciliant...
malheureux, piégé, intoxiqué...
- Très, très amoureux Sally ! Ne l'oubliez pas et aidez-le à se
sortir des griffes de ces personnes.
- Oui, vous avez raison, il m'aime à se désintéresser des
autres... C'est intolérable pour ces "mangeurs d'hommes"... Si
vous saviez î
Les deux hommes reviendront à leur table. La conversation
s'étirera gaiement sur la plage, tard dans la nuit.
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