Page 68 - Violeurs d'Ame - Evelyne Vignal
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Violeurs d'Ame
milliers de kilomètres de Paris.
Nymphe à demi-nue, au corps gracieux, elle se vautra dans le
miroir de l'océan, plongea dans les chaudes profondeurs d'un
autre monde.
Rassérénée, après d'interminables bains libérateurs, elle
retourna auprès de Renaud. Il dormait encore. Elle s'allongea,
collée contre son corps musclé et se rendormit. Sereine.
Elle ne l'entendit pas se lever, ni revenir, après avoir, lui aussi,
balancé ses soucis à la mer.
Depuis deux jours, ils visitaient les sites touristiques, les îles
avoisinantes et les atolls, prisons magiques des océaniens et
voyageurs, dans les eaux du Pacifique, sans que l'apaisement
des souffrances ne ressuscite la flamme d'avant le drame.
Ce matin, lassé de l'indifférence de sa femme, Renaud part
courir sur la plage. À son réveil, Sally découvre un mot sur la
table de chevet :
"Si tu ne réagis pas, demain je serai loin... Je veux être ton
élève et apprendre à me construire, mais si tu refuses d'être
mon maître, je préfère retourner chez les miens et porter mon
bonnet d'âne. Je t'aime !"
Elle enfile rapidement un ensemble et part au-devant de lui. Il
n'est pas bien loin. Assis, pensif, face à la mer, il ne l'entend
pas s'approcher.
Des oiseaux volent dans le ciel de saphir et s'abattent dans l'eau
à la recherche d'un poisson. Seuls, le clapotis des vagues, le
balancier des ailes donnent un semblant de vie. La plage est
déserte. Une chaleur écrasante attise les sens. À chaque pas,
Sally se déshabille... Le short... le chemisier... une sandale...
l'autre sandale... son soutien-gorge... sa culotte...
Elle est derrière lui. Surpris, il se retourne vivement. Sally,
libertine, se baisse et l'embrasse.
- Oh Mon Amour !, articule-t-il, la bouche sèche... MON
AMOUR !! hurle-t-il.
Dans les bras l'un de l'autre, à rire et à pleurer. À s'aimer... Il la
possède violemment pour la sentir frémir. La prend
délicatement pour l'embraser d'amour !
Etendus sur le sable à la merci des rayons du soleil, ils
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